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Nous avons passé une semaine assez riche avec l’Ordre de Malte, que nous avions quitté à Madagascar. Objectif: sillonner les léproseries soutenues par l’Ordre de Malte au Vietnam pour renouveler les images de la campagne de lutte contre la lèpre en janvier prochain.

Ce nouveau pays en quelques mots est dix fois plus peuplé que son petit frère le Laos et les vietnamiens (des villes) sont très actifs (dix fois plus actifs que leurs voisins..). Ho Chi Minh ville (ex-Saïgon) est noire de motos et traverser une route devient un enfer pour les paniqués de la circulation.

L’année dernière 300 nouveaux cas de lèpre ont été détecté au Vietnam. Nous avons donc fait la connaissance d’une petite centaine de lépreux, à différents stades de la maladie, sur quatre sites différents. Si la lèpre est détectée suffisamment tôt, elle ne laisse aucune trace, si jamais elle est prise tardivement, les séquelles peuvent être importantes avec notamment des amputations.

Chaque léproserie comprend un service de chirurgie, infirmerie, atelier de prothèses et rééducation mais aussi tout un village où les lépreux vivent en famille, avec leurs enfants, travaillent…Bref, mènent une existence tout à fait normale! ET parfois sur des sites extraordinaires, par exemple à Nha Trang, dans un petit village de pêcheurs au bord d’une plage paradisiaque…
EN traversant les villages nous assistons à des scènes étonnantes: des cyclistes chaussés de prothèses, des cueilleurs de café sans doigts ni pieds, des cigarettes tenues par des moignons nonchalants…Des trycicles, des orthèses pour manger, des jeunes bébés bien potelés jouant avec leurs parents tous les deux atteints de la maladie…D’autres images, poignantes, qui révèle une grande fraternité comme ce lépreux qui aide un homme manchot à manger son riz. L’ambiance n’est toutefois jamais misérabiliste.

Partout les gens nous accueillent avec chaleur: ils sont fiers de montrer devant la caméra tous ces appareillages géniaux qui leur donnent une apparence normale, et les aident à vivre leur quotidien d’homme digne. Nous n’avons pas assisté à d’actes chirurgicaux spectaculaires mais à un quotidien fait de petits riens, de sourires, et de petits travaux manuels destinés à les réinsérer dans la société. Ainsi nous avons vu des plantations de café, des élevages de porcs/poissons entièrement gérés par les lépreux…Dans des zones magnifiques, souvent à l’écart « du monde ».

Car, si la lèpre devrait être éradiqué des pays pauvres d’ici 20 ans, la peur de la lèpre, elle, est bien tenace. Voilà le défi des différents directeurs (directrices) de ces léproseries qui mènent un combat admirable. Maintenant que les lépreux sont appareillés, soignés, motivés, reste à les réinsérer petit à petit dans la société, eux et leurs enfants qui souvent sont rejetés des écoles à cause de leurs parents.

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